Journal de Marche N°91 – du 11 au 17 mai 2019

Journal de Marche N°91 – du 11 au 17 mai 2019

Rentré à l’aube vendredi dernier de la visite des services de cybersécurité et d’innovation technologique, les débats sur la restauration de Notre Dame de Paris nous ont tenu jusqu’à 2 heures du matin.

Comme toutes les fois où cela arrive, que nous finissons si tard en fin de semaine, l’avion reste le seul moyen pour revenir en circonscription pour faire les marchés afin de convaincre nos concitoyens de voter pour les élections européennes et retourner en séance lundi pour débattre de la fonction publique. La compensation carbone à laquelle je m’astreins chaque semaine, afin de m’efforcer de contribuer à l’écologie et à la lutte contre le réchauffement climatique, enregistre, du coup, un déficit. Le rattrapage se fera malheureusement sur le temps parlementaire à cause des 5 heures 45 porte à porte que cela prend, faute de ligne à grande vitesse dans le sud-est.

Comme il fallait s’y attendre, la réforme de la fonction publique fait débattre et le lundi n’aura pas suffi pour mener à son terme la simple discussion générale. C’est sans scrupules que j’ai abandonné deux heures durant mes collègues afin de rejoindre l’école militaire pour participer à une conférence sur le cyberdjihadisme organisée par Le commandement Terre pour le territoire national. Car le terrorisme se déploie aussi sur le théâtre du cyberespace et qu’il nous appartient de poursuivre notre lutte quel que soit le terrain.

C’est en luttant contre des djihadistes et pour libérer des otages, pas seulement français comme les polémistes le retiennent mais aussi une sud-coréenne et une citoyenne américaine, que les Maîtres Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello sont morts au combat, morts pour la France.

L’émotion suscitée par cet événement et l’hommage que les français leur ont rendu montre à quel point, bien au-delà des débats habituels, nous sommes solidement ancrés dans l’idée que la France est une belle et forte nation qui doit continuer à imprégner sa marque dans ce monde de plus en plus chaotique sans rien renier de ce qui nous différencie des autres.

Malheureusement, il aura fallu attendre ce drame pour que les médias nous parlent enfin de ces français qui font la force et la grandeur de notre pays. De toutes celles et tous ceux qui, à l’image de ces commandos marines, remettent sans arrêt l’ouvrage sur le métier, sans jamais se plaindre, et donnent le maximum d’eux-mêmes pour les autres, pour la nation, pour un monde meilleur.

Ensemble faisons que cette parenthèse ne se referme pas. C’est la meilleure façon de rendre hommage à nos deux héros et tous leurs frères d’armes. Faire nôtres leur rigueur, leur dignité. Retrouver le sens de l’effort, du respect.

Aux morts!